lundi, 19 mars 2007

Danse avec elle

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Le matin qui se léve. Le chat qui s'étire, mais se recouche en fin de compte. Tous dorment encore. Le chocolat chaud du déjeuner, gourmand et réconfortant. Les vêtements vite enfilés, les cheveux vite nattés. Un sac poussiéreux, oublié dans un coin, qui reprend sa place sur l'épaule. Les chaussures boueuses de nouveau à la mode. Dehors, un pâle halo sous une écharpe de brûme tenace. Le ciel légérement rosé comme transi sous l'effet du froid. Quelques mètres à parcourir dans cette nature déserte et somnambulique. Chaque pas est un effort retrouvé. Chaque souffle est un don de soi à l'atmosphère gelé. Le soleil émerge doucement. La pente se fait plus consciliante. Enfin!
L'odeur me chatouille déjà les narines. J'entends l'impatience, qui résonne comme les temps d'une mélodie. Je pousse la lourde porte et la chaleur naturelle me réchauffe le coeur. Tous m'accueillent, ils m'attendaient. Je rends à chacun, l'hommage qu'il mérite. Les coups se font plus bruyants, je m'attarde. Je m'incline devant leur magnifiscence. Mes caresses humbles se mélangent à mes faibles éloges. Leurs élans veulent rien et tout dire. J'aimerai avoir leur parure, j'ai le sentiment de porter des loques, mais ils ne m'en tiennent pas rigueur. Ca sent la paille, le cuir et l'hospitalité débordante. Pour se réchauffer, ça souffle fort ou ça danse, selon les humeurs.
Des yeux inquiets me scrutent de loin, il est temps. Je m'approche d'eux avec bien plus d'humilité que pour les autres. Ils sont les plus beaux que je connaisse. Balayés par de grands cils, ils réflétent le plus profond de mon âme. Je ne peux pas leur mentir. Ils ont partagé leur flamme avec mes yeux éteints, qui sans eux, se seraient scellés pour l'éternité. Elle me connait. Mes poches sont toujours pleines pour elle. D'un coup de tête rapide, elle visite les recoins de ma veste et se délécte des friandises apportées. J'effleure sa peau d'une main légére. Elle frémit par endroit. Elle est sensible. Je l'entoure de mes bras et écoute les battements de son coeur sous l'apparence robuste. La quiétude qui m'envahit, me donne envie de m'endormir un temps, elle n'y voit aucun mal. Mais le soleil est déjà haut dans le ciel, l'horloge nous fulmine. Nos rêveries n'ont que trop tarder.
Je gagne une piéce attenante. Toutes leurs parures artificielles s'y trouvent. Je me saisis de la sienne. Inquiéte, elle me guette. Est-ce que je pourrai changer d'avis et de compagnie. Jamais. La vue de sa couverture bleutée la rassure, mais la lourde robe de cuir l'inquiéte. Nous savons toutes deux qu'elle n'en a pas besoin, mais c'est ici, la Loi l'exige. Je réapprends les gestes. Je la coiffe, je natte à ma manière, sa lourde chevelure blonde. Je nettoie ses chaussures. Elle est déjà parfaite, mais qu'importe. Je la revêts d'une robe artistiquement ciselée, ornée de feuilles, c'est ma préférée. Aprés la robe, la ceinture, pas trop serrée. Puis le collier, lui aussi doit être délicatement accordé. Elle m'aide dans mes soins, patiente, elle a l'habitude, elle, que moi, je n'ai plus.
L'écurie s'est remplie de cavaliers sans que je m'en apercoive vraiment. "Encore dans la Lune". Ils ont tous prêts avec leur monture, on m'attend "comme d'ab". Pie-Nups me regarde. Un regard humide et interrogateur. On va où? Partout où une cavalière et sa jument peuvent aller... On reforme une équipe, on est de nouveau ensemble. Je suis de retour... On ouvre le Bal et notre danse sera sans fin.
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