vendredi, 13 juin 2008
Je ne suis pas humaine... je suis mortelle
J'ai écrit ce texte, j'ai bien réfléchi.... j'aimerai le faire partager à défaut qu'il soit publié, j'espére qu'il vous plaira....

Préface de: Je ne suis pas humaine... Je suis mortelle!
A Mimi, ma muse à quatre pattes, qu'elle ne s'éloigne jamais de ma plume. Et à tous ceux, animaux comme humains, qui m'ont inspirée.
J'ai observé le monde, je l'ai écouté, je l'ai ressenti, et je me suis demandée quel genre d'avenir, je léguerai à mes descendants? Ce livre est sorti de mon imaginaire, mais aussi du plus profond de mon âme. N'y voyez aucun fatalisme ou réalité écrite, juste une probabilité, une mise en garde, car nous sommes tous maîtres de notre destin après tout! Lisez-le, si vous aussi, vous vous interrogez sur le sens de votre existence.
Nous étions en l'an 2400, bien après la grande guerre, qui avait consumé la moitié de l'Humanité, bien après une série de catastrophes qui avait ravagée le monde, laissant derrière leur fureur, une terre défigurée, bien après que l'homme eut éprouvé les limites de la Nature, bien après qu'elle n'eut encore la force de riposter, bien après la disparition des glaciers, bien après l'apparition des assoiffés, bien après la naissance de l'humanité, mais peu avant son extinction.
Le monde tel que nous le connaissons, s'était entièrement métamorphosé, et quand on l'évoquait, c'était sous le nom d'Ancien Monde. Peu de personne s'en souvenait, car tous ceux qui l'avaient connu, étaient morts, et le souvenir qu'on transmettait aux descendants, se dissipait petit à petit, jusqu'à ne devenir plus qu'une légende, le murmure d'un conte merveilleux, inventé pour divertir les enfants.
Les éléments avaient perdu leur aspect majestueux. Ils étaient le triste reflet d'un monde qui se meurt. Le plus royal de tous, le Ciel, voûte céleste des Anciens, avait troqué son bleu limpide pour un vert maladif. Cette couleur s'était formée au fil des siècles, après que les nuages toxiques de la grande guerre s’étaient mélangés à sa composition atmosphérique. Les cieux étaient devenus menaçants, et chacun vivait dans la crainte qu'ils ne jettent sur la Terre, quelques maléfices. Il y avait bien longtemps que plus personne ne levait les yeux vers l'immensité divine, espérant y apercevoir les portes du Paradis. A présent, l'Humanité, confuse devant son triste ouvrage, baissait les yeux et courbait l'échine, comme pour implorer quelque pardon.
Pour calmer cette culpabilité dévorante, certains allaient jusqu’à clamer que le Ciel n'avait jamais été bleu, et qu'il y avait là quelques fantasmagories littéraires d'écrivains ratés. Ce vert tourmenté s'était substitué à l'azur dans les palettes des écoliers. Afin qu'ils ne souhaitent jamais dans leurs rêves repeindre le toit du Monde avec une couleur si paisible, et qu'ils apprennent fatalement à s'accommoder de l'héritage de leurs aïeuls.
Les flots, antique royaume scintillant de Poséidon, avaient eux aussi enduré l'égoïsme humain. La mer, les océans, les rivières et les lacs, comme des parents indulgents, avaient été le tombeau des déchets de leurs capricieux enfants. Du sac plastique aux fûts de résidus nucléaires. Tout un écosystème avait été condamné à mort au profit de la préservation du confort et de l'esthétique. Le climat avait changé, les glaciers avaient fondu, entraînant l'élévation du niveau marin, puis les eaux s'étaient retirées des terres submergées, regagnant leur royaume. Là, sous une chaleur de plus en plus accablante, elles avaient commencé à s'évaporer.
Ainsi, il ne resta bientôt plus, à de nombreuses localités du globe, qu'une épaisse croûte de sel, une vaste mer morte, sur laquelle s'élevait encore des montagnes de rejets humains entassés au fil des générations.
Toute forme de vie avait disparu après des décennies de pêche abusive et de dégazage industriel. Les déchets grangrénaient à présent la Terre nourricière, ne cessant d'augmenter. Mais les hommes ne pouvaient se résoudre à cohabiter avec leur monstrueuse progéniture. Ils en appelèrent donc au bon-sens des élites pour résoudre ce menu problème. Les bien-pensants de ce monde, hommes de science, politiques et industriels, se réunirent et s'accordèrent sur une ultime solution, l'Espace. De puissantes fusées furent construites et les déchets propulsés loin des yeux. Ils encerclèrent la Terre dans son ensemble, comme un anneau maléfique et il n'était pas rare que quelque débris se désolidarise de l'ensemble et s'écrase sous la forme d'une boule de feu meurtrière sur quelques "innocents" humains.
La planète ressemblait à une plaie béante et asséchée. Certains continents avaient été dépeuplés et d'autres souffraient d'une démographie trop importante. Pendant que les occidentaux se complaisaient dans l'agréable, l'Afrique appelait à l'aide. Le peuple à la peau foncée sollicitait la conscience de ceux, pour qui ils avaient massacré les animaux. Les éléphants, les gorilles et leurs semblables mouraient à présent de leur propre chef et l'eau venait à manquer. Devant l'abandon international, les pays les plus démunis comme l'Afrique, avaient connu les plus sombres pages de l'histoire de l'Humanité. Face au manque de nourriture, les instincts reprirent leur place dans le cœur des hommes. On rapporta des vagues de cannibalisme aux quatre coins de la planète, où la famine faisait rage. Ces tristes faits animaient les dîners mondains, affolant les dames, complaisant les hommes riches sur une soi-disant "supériorité raciale".
De l'Afrique ne demeura qu'un désert de sable. Aux détours des dunes, quelques squelettes rappelaient douloureusement la fragilité de la vie. Même les oiseaux de proie ne couvraient plus les airs de leur cri perçant, tout n'était que désolation et silence. Les animaux sauvages naissent et meurent derrière des barreaux, sous les yeux rêveurs des enfants occidentaux.
Surplombant ce paysage désolé, une âpre odeur de gaz, de souffre, de dioxyde de carbone. L'Humanité devait se contenter d'oxygène en bouteille et d'eau javellisée. Et partout, l'air était irrespirable. Ce changement était dû au réchauffement climatique. Mais aussi, au déboisement massif des forêts. Leur massacre répondait notamment à la demande des ménages, qui prenaient du plaisir à changer tous les ans, leurs meubles. Le monde suffoquait et prenait à peine conscience que les végétaux n'étaient pas des futilités esthétiques, mais des éléments vitaux. L'Amazonie n'était plus qu'une terre stérile, son agonie se fit dans l'indifférence générale. En effet, les gouvernements d'Amérique du Sud devaient gérer les crises économiques et les guerres civiles. Et les coups d'état à répétition faisaient trembler l'Amérique du Nord, soucieuse de la préservation de ses richesses.
Ces virtuoses de la pollution avaient su se protéger de leurs exploits. Même s'ils avaient essuyé plusieurs raz-de-marée et cyclones, leur nation gardait un minimum de cohésion, et elle demeurait à la tête du Monde, au moment de décider. Leur président Mr. Betterlife, qui avait été élu plus pour les promesses de vie meilleure qu'offrait son nom, que pour son programme, ne voulait pas déroger à la règle et coupait toute relation dés qu'on le contrariait. Ce qui arrivait rarement, je vous l'accorde, car en qu'à de crise, l'Amérique, devenu premier exportateur de pétrole depuis la grande pénurie de 2100, stoppait tout échange commercial et la France avec son camembert, l'Angleterre avec son gigot à la menthe, et la Chine avec sa nourriture aphrodisiaque à base de testicules de tigre et de bile d'ours, avaient du mal à imposer leur volonté.
A chaque affrontement, l'Amérique remportait toujours le match. Les grands ont toujours le dernier mot, aux petits de l'accepter. Ainsi lorsqu'il fallut trouver une terre encore fertile et préservée, pour que les grands de ce monde ne manquent pas d'air pur, afin de garder la tête froide dans l'exercice délicat du contrôle de l'univers, la Nouvelle-Zélande fut réquisitionnée et ses habitants chassés. Ces derniers n'abandonnèrent leur terre qu'après des années de lutte sanglante, où ils s'opposèrent à l'O.N.U. Cette organisation était devenue la garde rapprochée des élites de demain. Et ses soldats, rebaptisés les casques rouges, tant leurs mains étaient tâchées du sang de nombreuses peuplades, faisaient régner la loi des armes partout où on les envoyait. Les présidents de diverses nations se ressourçaient dans ce petit pays et vivaient en bonne intelligence avec leurs ennemis d'hier. Les puissants ont une aptitude naturelle à agir dans leur intérêt. L'Humanité en général, devait se contenter d'oxygène en bouteille et d'eau javellisée.
Certains hommes, dotés d'un don extraordinaire, plus sensibles que la majorité, qu'on nommait "artistes" parce qu'ils régalaient les humains de leur création, n'existaient plus. Personne n'y avait prêté attention, et comme les animaux et les plantes, on avait appris à vivre sans. Au début des années 2100, collectivement, ces êtres avaient ressenti qu'ils n'avaient plus leur place dans la société et qu'il y avait plus aucun message à délivrer à l'Humanité. Les hommes ne les écoutaient plus, les qualifiant de fous ou d'attardés. Pourtant, ils avaient été les premiers à percevoir la déchéance humaine et la fin proche de toute vie. Ceux, qui après un tel élan de lucidité, ne s'étaient pas suicidés, vivaient reclus, à l'écart, maudissant les hommes et leur propre impuissance. Certains dans leur exil, avaient voulu préserver les merveilles de l'Ancien Monde, plantes et animaux. D'autres, craignant plus la mort que la vie, s'étaient crevés les yeux ou les tympans, ou bien coupés la langue, afin d'entretenir avec le monde le moins de contact sensible possible. Tant cela était devenu douloureux de ressentir les éléments. D'autres enfin, philanthropes idéalistes, refusèrent d'abandonner l'Humanité à son funeste destin. Mais dans leur acharnement vain, ils perdirent tous la raison, évoquant dans leur délire névrotique, les délices et les charmes d'un monde devenu mystique. Il subsistait cependant bon nombre de charlatans qui prétendaient extérioriser le désarroi humain, en traçant un trait rectiligne sur une toile blanche. Ce qui constituait un bon moyen pour les fortunés de prétendre à une sensibilité artistique en tendant leur carte bleue.
Ainsi les prophètes de Dame Nature avaient été remplacés par les as de l'illusion, les adeptes des mathématiques et des sciences, ces détenteurs de la vérité absolue et maîtres de la Nature. Ils avaient de nombreuses fois, profité de la détresse de la planète pour placer quelque judicieuse invention. Par exemple, lorsqu'on avait déploré la disparition des fleurs et la nudité des parcelles de terre devant les maisons, les scientifiques avaient créé des plantes artificielles, plus resplendissantes que les modèles naturels. Et des bombes de parfum étaient commercialisées pour embaumer les jardins, les jours de réception. De même les animaux domestiques étaient devenus des automates à la fourrure dense. Les lions mécaniques étaient particulièrement appréciés par le commun des mortels. On appréciait les regards envieux des voisins sur cette acquisition coûteuse. Les gens étaient plus que ravis, les reproductions avaient les avantages de leur modèle, sans en avoir les défauts. On avait même songé les préserver des pluies acides, fatales aux êtres vivants. Il y avait là quelque brillant travail de nos hommes de science, qui préféraient créer d'immondes substituts du réel, plutôt que de s'appliquer à le protéger, pour justifier leur statut de créateur et non d'écologiste.
De même, sous l'impulsion de leur conseil, les centrales nucléaires couvraient l'intégralité de la demande énergétique mondiale. Et les éoliennes avaient été écartées à cause de leur nuisance sonore et visuelle. Des hautes tours se multipliaient à travers le monde, crachant leur fumée nocive, sur les populations assemblées autour. Parmi ses peuplades, sans le moindre lien selon les autorités avec les retombées nucléaires, des enfants monstrueux naissaient chaque jour dans les maternités. Et cette triste possibilité angoissait les parents tout au long de la grossesse. On redoutait d'avoir pour progéniture ceux qu'on appelait "erreurs de la Nature". Alors qu'ils n'étaient que les victimes innocentes des agissements de leurs ancêtres, la Nature n'y jouait aucun rôle. Pour ceux, dont les paupières étaient scellées, auxquels il manquait un bras, ou dont les organes étaient au dehors, pour ceux-là, aucun avenir n'était offert. Ils trouvaient tous la mort avant de sortir de la clinique. Soit à cause de leur malformation, soit parce que le personnel médical étouffait le problème pour ne pas ébruiter de pareils disfonctionnements. Et si quelque média soulevait la question, on répondait unanimement que la mortalité enfantine n'avait rien d'alarmant et que les chiffres parlaient d'eux-mêmes. C'est l'un des bons côtés des chiffres, on leur fait dire ce que l'on veut. Le geste de mise à mort était rarement commis par les parents. Mais la plupart ne s'offusquait pas de la perte de ce petit "monstre". En effet, ils auraient souffert un grand déshonneur d'avoir une petite fille par exemple, qui n'aurait pas eu d'ongles au bout des doigts. Car ils sont faits pour être peints et une main sans ornement, serait bien disgracieuse.
Les enfants qui naissaient sans malformation physique, n'étaient pas mieux lotis. Ils souffraient de troubles psychiques. Accablés par le stress, la déprime, ils grandissaient avec un profond dégoût pour l'héritage de leurs parents. Le suicide en empêchait une partie d'attendre l'âge adulte, et les adolescents qui voulaient survivre, se gavaient de petites pilules multi-usages.
Devant la multiplication de faits étranges et l'avènement du mal de vivre, les simples d'esprit se réfugiaient dans les fausses voies de l'esprit et de la sagesse: la Religion. Elle qui force les hommes à épouser un mode de pensée, plutôt qu'à réfléchir par eux-mêmes. Elle qui aliène pour son propre compte les peuples en promettant de les aider. Les prêtres des grandes religions déclarèrent unanimement, que tout ceci n'était que la manifestation du mécontentement divin devant la multiplication des homosexuels, de la légalisation de l'I.V.G, du préservatif, .... Beaucoup de choses avait changé, beaucoup en mal, mais la religion, elle, stagnait. Retranchée derrière ses soi-disant textes sacrés, elle s'intéressait plus aux morts qu'aux vivants, sauf lorsqu'il s'agissait de remplir ses caisses. La marche du monde ne la préoccupait uniquement, qu'afin d'effrayer les sots. Elle prenait plaisir à les voir ramper, se tordre de peur, en suppliant un dieu fantasmé, qui réparerait les dégâts. Les prêtres assurés de leur emprise, prêchaient une apocalypse imminente, avec son lot de démons et de catastrophes. Ainsi, les zombis de Dieu se pressaient un peu plus nombreux chaque jour, pour implorer à coup de bougie facturée 5$, la clémence d'un dieu désintéressé. Alors que si apocalypse, il y avait dû avoir, cela n'aurait pas été un grand mal, puisqu'elle aurait mis un terme aux souffrances d'un monde agonisant.
Voici le monde tel qu'il était devenu.
09:04 Publié dans extrait littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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